Inside Infomaniak #3 : Visite du data center le plus écologique du monde (Genève)
Diffusé en live le 27 février 2026
Le troisième épisode d’Inside Infomaniak nous emmène pour la première fois là où tout se passe : au cœur du datacenter D4, à Plan-les-Ouates. Une visite guidée par Julien Bona, responsable des datacenters d’Infomaniak, pour comprendre ce que signifie concrètement la souveraineté numérique, et pourquoi ce datacenter est unique au monde.
Un datacenter qui ne refroidit pas, il chauffe
La particularité de D4 tient en une phrase : 100 % de la chaleur dégagée par les serveurs est réutilisée pour chauffer environ 6 000 logements via le réseau de chauffage à distance des Services Industriels de Genève. Pas de climatisation. Pas de tours de refroidissement consommant de l’eau. Pas d’énergie relâchée dans l’atmosphère.
Concrètement, l’air chaud à 42 °C produit par les serveurs traverse un échangeur de chaleur, transfère ses calories à un circuit d’eau, et des pompes à chaleur portent cette eau jusqu’à 82 °C, la température nécessaire pour l’injecter dans le réseau de chauffage urbain. Le froid produit en parallèle par les pompes à chaleur est réinjecté dans le datacenter pour refroidir les serveurs. Une boucle fermée, sans déperdition.
Le datacenter est entièrement enterré sous un éco-quartier, à la place d’un ancien parking. Au-dessus : des jardins et des bâtiments résidentiels, eux aussi chauffés par les serveurs. L’électricité qui l’alimente est 100 % renouvelable, avec environ 27 à 30 % d’autoconsommation grâce aux panneaux solaires installés sur site.
Ce que la visite révèle
L’épisode parcourt l’ensemble de l’infrastructure et permet de comprendre concrètement comment fonctionne un datacenter moderne :
L’alimentation électrique — 1,5 MW IT redondés sur des tableaux doubles, des onduleurs modulaires qui nettoient le courant en permanence, et des batteries au plomb (volontairement préférées au lithium pour limiter le risque incendie) capables de tenir 20 minutes avant le démarrage des groupes électrogènes diesel de secours — eux-mêmes testés mensuellement et alimentés par des cuves dimensionnées pour plusieurs jours.
Le refroidissement — Allées chaudes et froides parfaitement cloisonnées, gaines de ventilation sous le faux plancher et au plafond, mur d’échangeurs, mur de ventilateurs, mur de clapets anti-retour pour préserver l’étanchéité. Tout pensé en circuit fermé.
Les systèmes de secours — Si les pompes à chaleur sont en maintenance, un système d’air extérieur prend le relais, avec mélange d’air chaud en hiver (pour éviter d’injecter de l’air à -10 °C sur les serveurs) et brumisation haute pression en été (quelques heures par an, quelques litres d’eau seulement).
L’acoustique — Le datacenter étant en zone résidentielle, des pièges à son de 6 mètres de long absorbent intégralement les nuisances avant la sortie d’air vers l’extérieur.
Les serveurs eux-mêmes — Du stockage SSD, du stockage mécanique, des serveurs GPU pour le public cloud et l’IA souveraine (Euria), du matériel redondé en permanence pour qu’aucune panne ne provoque d’interruption de service.
Une indépendance à 360°
La visite est l’occasion pour Julien et Thomas de revenir sur ce que recouvre vraiment la souveraineté chez Infomaniak :
- Juridique — cadre suisse, sans clause d’exception dans les conditions de confidentialité
- Logiciel — tout est développé et opéré en Suisse, par les équipes internes basées à Genève et Zurich
- Infrastructure — datacenters en Suisse, énergie suisse, infrastructure technique principalement européenne (pompes à chaleur françaises, tableaux Siemens allemands, panneaux solaires Meyer Burger allemands, portes autrichiennes)
- Capitalistique — entreprise détenue exclusivement par ses collaborateurs, sans actionnaire externe, donc sans injonction extraterritoriale possible
D4 a coûté 12 millions de francs (hors serveurs), montant partiellement compensé par des subventions liées à la revalorisation énergétique. Le coût de l’installation est financé par la vente de chaleur aux SIG, Infomaniak ne dégage aucun bénéfice sur cette activité, l’objectif étant uniquement la viabilité du modèle.
Un modèle ouvert, documenté, à copier
Avec un PUE inférieur à 1,1 (contre 1,5 à 1,6 de moyenne européenne) et un nouvel indicateur ERF mesurant la revalorisation effective de l’énergie, D4 redéfinit ce que devrait être un datacenter à l’ère de l’IA. Plutôt que de garder ce savoir-faire pour soi, Infomaniak l’a rendu open source : toute la documentation technique est accessible sur d4project.org, en partenariat avec l’EPFL, l’HEIG-VD et l’Université de Lausanne. L’objectif : que ce modèle soit copié et généralisé partout où c’est possible.
Les prochains datacenters Infomaniak (Bulle, Zurich) iront encore plus loin avec du refroidissement liquide direct sur les processeurs, permettant d’accueillir des serveurs encore plus denses et de revaloriser encore plus de chaleur.
Une heure de questions-réponses en direct
L’épisode se conclut par une heure de Q&A avec les spectateurs, sur des sujets variés : coût de construction, sécurité physique et cyber, gestion de la maintenance et des pannes de disques, fluides frigorigènes, perspectives de datacenters en France, conversion possible des anciens datacenters à ce modèle, choix technologiques (Linux et OpenStack pour tout l’écosystème, à l’exception ponctuelle de quelques serveurs Windows nécessaires aux entreprises utilisant Microsoft Office dans kDrive).
Pour aller plus loin
Découvrez le projet D4 en détail sur d4project.org, explorez le public cloud Infomaniak, alternative souveraine à AWS et Azure pouvant générer jusqu’à 200 % d’économies à usage comparable, ou testez les services qui tournent dans ce datacenter (kDrive, kSuite, Euria, SwissTransfer) avec un compte gratuit.
Aucun commentaire
Aucun commentaire pour le moment.